Principal facteur de réinsertion, les liens familiaux sont, pour des raisons matérielles, psychologiques et familiales, difficiles à maintenir.

 

Lors d’une sortie scolaire, une maîtresse d’école passe devant l’ancienne maison d’arrêt d’Orléans. Elle lance alors un avertissement à ses élèves : « Ceux qui vont là, c’est parce qu’ils sont très, très, très méchants. » Face à une trentaine de personnes, Eric (le prénom a été modifié), le crâne rasé et la barbe fournie, veut dire à quel point cette anecdote rapportée par sa femme l’a blessé. Pendant près de deux heures, jeudi 16 novembre, d’autres détenus raconteront l’angoisse, l’absence, la honte aussi, suscitée par l’incarcération. Et surtout la difficulté à assurer son rôle de parent quand on est privé de liberté.

« La détention est une période qui fragilise la personne, elle se retrouve à l’écart de la société et donc à l’écart de sa vie familiale », rappelle Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), une autorité indépendante chargée du respect des droits des personnes privées de liberté. « C’est tout l’enjeu de la préparation à la sortieSi les liens sont dégradés, c’est un frein supplémentaire à la réinsertion », poursuit François Bes, membre de l’Observatoire international des prisons (OIP).

Tout au long de la détention, l’administration pénitentiaire doit permettre aux condamnés et aux prévenus – donc en attente de leur procès – de poursuivre une relation avec les membres de leur famille. Mais en réalité, les difficultés – matérielles, familiales et psychologiques – pour maintenir les liens parentaux sont nombreuses.

« Maman travaille »Jeudi après-midi, un groupe de détenus ainsi que des représentants d’associations et des professionnels ont pris place dans une salle vide, située au rez-de-chaussée du Centre pénitentiaire d’Orléans-Saran, ouvert en 2015.

 

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