KAOLACK : POLICIERS, GENDARMES ET GARDIENS DE PRISON FORMÉS À LA PRÉVENTION DE LA TORTURE

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Une formation sur la prévention de la torture dans les lieux de détention et la protection des détenus a été dispensée mardi à des policiers, gendarmes et gardes pénitentiaires des régions de Kaffrine, Kaolack et Fatick (centre), a constaté l’APS.
« En partenariat avec Amnesty International, nous offrons à ces 30 agents une formation portant sur la prévention (…) de la torture et des mauvais traitements en droit international et national », a affirmé Josette Marceline Ndiaye Lopez, la cheffe de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLPL).
S’exprimant en marge de la formation, elle a dit que le but de celle-ci était de renforcer les compétences des bénéficiaires en vue d’une surveillance correcte des détenus et de l’éradication de la torture dans les lieux de privation de liberté.
La formation concerne 10 policiers, autant de gendarmes et d’agents de l’administration pénitentiaire.
« Nous sommes là pour leur expliquer que la torture (…) doit être bannie de leurs pratiques », a insisté Mme Ndiaye, selon qui la torture est encore pratiquée dans les lieux de détention au Sénégal, même si elle a beaucoup baissé.

« La preuve, il n’y a pas longtemps, nous avons dû intervenir à la suite d’une plainte d’Amnesty International, selon laquelle des agents avaient torturé des personnes qui avaient (…) tué le commandant de la brigade de gendarmerie de Koumpentoum (est) », a expliqué Mme Lopez.

« Lors de notre dernière visite dans les prisons de Kaolack, nous n’avions pas noté des problèmes majeurs concernant le traitement des prisonniers, qui sont bien traités. Aucun problème lié à la nourriture des prisonniers », a-t-elle souligné.
Josette Marceline Ndiaye Lopez déplore toutefois la vétusté des prisons à Kaolack, qu’elle trouve « assez délabrées ». « Les prisonniers vivent dans une promiscuité presque insoutenable », a reconnu Mme Lopez.
L’indemnité journalière versée aux détenus, qui s’élevait à 400 francs CFA, est maintenant de 1.100 francs, selon la cheffe de la l’ONLPL. Cette amélioration résulte de la création en 2012 de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté, dit-elle.
Les prisonniers sont médicalement pris en charge, et les prisons de Rebeuss (Dakar), Koutal (Kaolack) et Fatick ont été rénovées pour améliorer les conditions de vie des détenus, selon Mme Lopez.
Seydi Gassama, le directeur exécutif d’Amnesty International au Sénégal, a salué la décision de l’ONLPL de former les policiers, gendarmes et gardiens de prison à la prévention de la torture.
« Malgré les insuffisances, cette institution fait des efforts considérables dans la lutte contre la torture et les mauvais traitements des personnes en détention, pour être à la hauteur des attentes de la société civile et du peuple sénégalais », a reconnu M. Gassama en parlant de l’ONLPL, lors de la formation.

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